Brainstorming de A à Z

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Les idées sont l’âme d’une société. C’est à la fois la réinvention et la création. C’est aussi oser se remettre en question et se positionner différemment. Toutes les entreprises regorgent de personnes capables de bousculer de manière créative le core business pour amener plus de ressources et de valeurs. De la secrétaire au marketing manager en passant par les personnes qui nettoient, il y a encore quelques années, chacun avaient son rôle et sa place. Il n’était pas envisageable d’écouter les idées de quelqu’un qui n’était pas « autorisé » à en avoir.

Et puis, est arrivé le brainstorming, cette méthode qui confronte les avis de chacun et qui permet à tous de penser ce qui serait« bon » pour un client ou la société dans laquelle il évolue. C’est tout le sujet de cette nouvelle newsletter. Apprenons à nous écouter sans jugement...

Bonne lecture à tous.

Articles thématiques

  • Et si la solution à tous vos problèmes, c’était de brainstormer?

    Le brainstorming est à la mode. C’est un « have to », un moment que bon nombre de RH souhaitent voir naître dans la société. Brainstormer est agréable. Et efficace. Mais il y a des règles. Il existe en effet plusieurs méthodes pour brainstormer, certaines efficaces, d’autres moins. Il existe également plusieurs étapes pour réussir un bon brainstorming. Et puis, surtout, il faut, une fois réalisé, que chacun en tienne compte.

    L’idée la plus répandue à propos du brainstorming c’est que ce mot vient de l’anglais « brain » (cerveau) et  de « storm » (tempête). Le brainstorming serait une tempête dans le cerveau. Il vient en fait de « brain » et de « storming » qui veut dire prise de position militaire par des combattants comme la prise de la bastille, par exemple. Littéralement, le brainstorming est donc la prise du cerveau par autre chose ou, pour le dire autrement, la capacité à penser de manière différente dans un souci de créativité. L’origine de cette technique est publicitaire. Elle a en effet été conçue par Alex Osborn, vice-président de l'agence de publicité américaine BBDO. Il souhaitait inventer une méthode de réunion de groupe soigneusement préparée puis tout aussi soigneusement exploitée pour trouver un nombre important d'idées publicitaires et promotionnelles pour les clients de son agence.

    Aujourd’hui, le brainstorming est plus spécifiquement une réunion informelle qui permet de rechercher efficacement des idées, d’encourager la collaboration et d’éliminer le jugement dans un laps de temps réduit. Pour cela il est conseillé de suivre quelques règles de base telles « ne pas critiquer », « se laisser aller » (« freewheeling »), rebondir (« hitchhike ») sur les idées exprimées, et ne pas imposer ses idées. Et pour qu’il soit vraiment efficace, il existe quelques étapes clefs.

     

    Les étapes clefs du brainstorming

    1. La préparation
    • Si vous commencez un brainstorming sans annoncer clairement l’objectif de la réunion, par exemple « comment faire pour être plus efficace dans notre communication interne ? », vous passerez à côté de votre sujet. Le cadre est important et doit être rappelé si nécessaire en cours de réunion.
    • Les gens doivent avoir envie d’être autour de la table.
    • Vous devez partager avec eux le sujet quelques jours à l’avance, histoire qu’ils puissent se préparer.

    2. Organiser le lieu de la réunion

    La salle doit être assez grande pour y bouger, être équipée de tableaux, papiers, crayons, bics de couleur, de chaises (ou coussins) et évidemment, d’un minimum de catering (eau, café, biscuits, …). Le démarrage en tant que tel commence par une présentation de l’animateur et des participants et par ce qu’on appelle la purge. Il s’agit d’un tour de table des idées déjà existantes sur le sujet auxquelles les participants ont pensé les derniers jours. Chaque personne les exprime et les note au tableau sans les commenter ni susciter de commentaires. La purge permet aux participants de se libérer de leurs premières idées pour être disponibles pour de nouvelles. C’est aussi la base de votre liste d’idées qui constitue la quatrième étape. 

    3. Etablir une liste d’idées

    Il faut stimuler le groupe en permanence par des relances telles que : « Quoi d’autre ? », « Ça vous fait penser à quoi ? », « Et encore ? » Vous saurez par ailleurs qu’il faut passer à la phase suivante quand le groupe tourne en rond, reprend les mêmes idées ou n’exprime plus d’idées nouvelles.

    4. La phase d’approfondissement

    Cette dernière consiste à transformer les idées de la phase précédente en « idées finies ». Les participants et vous-même allez noter sur un papier ses idées « coup de cœur », c’est-à-dire celles considérées comme les plus intéressantes à développer, idéalement, entre 5 et 10. Les idées recevant le plus de votes sont alors développées dans des fiches. Pour cela, il faut constituer des groupes de 2 à 3 personnes qui vont décrire l’idée, ses points positifs, ses difficultés et le plan d’action. Une fois ces fiches récoltées, le brainstorming est terminé.

    Et après …

    Une fois le brainstorming achevé, c’est seulement là que tout commence. Si la liste d’idées n’est pas assez complète, il est possible de refaire une réunion avec les mêmes participants ou de nouveaux. Une chose doit être sûre, les sociétés (RH, direction, manager, …) qui organisent des brainstormings doivent comprendre qu’ils font une sorte de déclaration à leurs employés : « Votre avis compte ».

    La pire chose qui peut donc arriver est que le brainstorming ne débouche sur rien. Pas d’application, pas de suivi voire … une autre idée décidée en solo par le manager général (qui était absent ou présent lors du brainstorming) et appliquée avec autorité. Dans de tels cas, le brainstorming aura non seulement été une perte de temps mais aussi une perte de confiance entre les participants et la direction. En supposant qu’une ou deux idées soient sélectionnées, il convient alors de nommer un chef de projet et, évidemment, de faire un suivi et un reporting fréquent pour évaluer l’idée et la recadrer si nécessaire.

     

    Les différents brainstormings existants

    Depuis 1944 et le premier brainstorming organisé par l’agence BBDO, la technique a beaucoup évoluée. Nous vous proposons ici 4 idées de brainstormings différents qui ont toutes fait leur preuve.

    1. La technique de la recherche d’idées incarnées

    Cette dernière vous pousse à penser à la manière dont une personne, par exemple votre manager, une célébrité ou même le président de la République, gérerait la situation. Le fait de se mettre à la place d’une personne peut permettre à l’équipe d’avoir un point de vue différent et engendre la possibilité de réfléchir à de nouvelles idées.

    2. La technique du Starbusting

    Cette dernière est axée sur la formation de questions plutôt que de réponses. Les collaborateurs sont invités à poser autant de questions que possible par rapport au sujet du brainstorming. Qui, quoi, où, pourquoi, quand, avec qui, comment… ? Cela permet de bien maîtriser le sujet et par la suite de faire un brainstorming classique et efficace.

    3. La technique de l’escabeau.

    Développée en 1992, cette technique invite chaque membre à participer individuellement avant d’être influencé par les avis des autres. En début de session, deux personnes sont invitées à se mettre au milieu de la pièce. L’animateur énonce alors le sujet du brainstorming et invite tous les autres participants à quitter la pièce. Les deux premiers membres vont alors discuter du sujet et de leurs idées. Toutes les 7 minutes, un autre participant les rejoint pour exposer ses idées. Avant que les autres ne le fassent. Cette technique permet aux timides de trouver leur place. Elle évite aussi que ce soit toujours les mêmes qui se fassent entendre.

    4. La technique des contraintes

    L’idée de base est que l’animateur rajoute volontairement des contraintes « ridicules » à son brainstorming. Par exemple : suggérer que le produit dont on parle ne sera destiné qu’à des droitiers. Ou encore qu’il faut que les idées soient mises en application dans les 2 semaines (alors que le délai est de 2 mois). Amener de nouveaux problèmes/contraintes qui n‘existent pas réellement force les participants à penser autrement et à pousser plus loin les possibilités de réflexion.

    Pour conclure, ceux qui ont participé, animé un brainstorming le savent… C’est aussi un moment de rire et de gentils délires qui vont souder les participants.

     

Inspiration

  • Le timing parfait

    Il n’y a pas un timing établi pour un brainstorming efficace. Le nombre de participants, leur enthousiasme changent parfois la donne. On peut pourtant établir un canevas qui a fait ses preuves.

    Les spécialistes proposent que le brainstorming dure 1 heure 30 maximum. Et selon de nombreuses études, l’heure idéale pour commencer un brainstorming (ou tout autre réunion) est 14h30. C’est ce qui ressort d’une grande étude auprès de 2 millions de personnes. Et mardi est le meilleur jour. Vous savez ce qu’il vous reste à faire.

     

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  • Une idée dingue trouvée en brainstorming

    « Et si on faisait sauter un gars depuis l’espace pour vendre notre produit ? » Quand l’équipe marketing de Redbull propose cette idée au début de l’année 2010, ils sont nombreux dans l’entreprise à se demander si la marijuana était bonne en réunion...

    Et pourtant… Quelques années plus tard, Felix Baumgartner fera un saut « supersonique » de 4 minutes et 17 secondes que le monde entier regardera avec admiration.

    Des centaines de millions de téléspectateurs assisteront au premier homme qui, avec un équipement brandé Redbull, passera le mur du son. Un exploit. Et une énorme publicité pour l’entreprise. Ah oui, la question du brainstorming de départ pour l’équipe marketing de Redbull était: « Comment faire comprendre que Redbull te donne des ailes? » 😉

     

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Le saviez-vous ?

  • Rotate!Rotate!

    Depuis quelques années, dans certains brainstormings, on peut entendre « rotate », littéralement « changez ». Les participants sont alors incités à changer de place avec la personne qui est à leur gauche. La méthode repose sur l’idée que changer de place physiquement, permet de bouger également mentalement et donc d’amener de nouvelles idées. En Anglais, on appelle cela un « Hokie Pokie ». Et puis, si ça n’amène pas d’idées, ça a en tout cas le mérite de faire rire tout le monde.